LaTeX Tips’n Tricks

Avant d’inaugurer une nouvelle rubrique sur LaTeX, je profite de l’occasion pour ouvrir une petite parenthèse : juger de la valeur d’une distribution à l’aune de la disponibilité de la dernière version d’OpenOffice.org, comme l’a fait récemment Cyrille, a quelque chose d’assez risible, pour ne pas dire ridicule…

Attention, que l’on ne se méprenne pas, il ne s’agit nullement de dénigrer OpenOffice.org. Non non. Cette suite bureautique est tout simplement devenue la meilleure de sa catégorie en “WYSIWYG“. Sans conteste. Mais j’ai peine à croire que ne pas disposer de la toute dernière version, de telle ou telle nouvelle fonctionnalité ou correction soit si pénalisant que cela et surtout affaiblisse en quoi que ce soit la valeur d’une distribution comme Debian. D’autant qu’une bonne connaissance de Debian aurait permis à Cyrille d’en disposer. Non. J’y vois plus un travers consumériste (société de consommation), le drame du consommateur, l’insuffisance, l’insatisfaction : toutou de suite irrésistiblement quitte à encourager le simplisme sur la réflexion, l’immédiateté plutôt que le durable. — « La manière la plus profonde de sentir une chose, écrivait Flaubert, est d’en souffrir. »

Près de deux ans que je suis sous Debian Lenny. Plus de six mois que Debian Lenny est venu remplacer Ubuntu sur mon portable. Et j’y suis bien. Pourquoi ? L’expérimentation débridée n’est plus à l’ordre du jour depuis que je vis sur un petit caillou perdu dans l’Océan Indien. Je ne peux pas me permettre de tout réinstaller tous les six mois. Et puis je ne le veux plus. Je n’ai ici qu’une seule machine et je travaille tous les jours avec. Dans une utilisation en production comme la mienne, ce qu’on attend avant tout d’un bon OS, c’est de la stabilité et de la fiabilité et non qu’il offre la der des ders des versions des logiciels que l’on utilise chaque jour. Debian n’a jamais failli. Mes nouvelles contraintes matérielles m’ont permis d’apprécier ces deux qualités qui font la réputation de Debian.

Avec Debian, la personnalisation de l’environnement de travail se fait petit à petit : on a le temps de comprendre, sereinement, et d’adapter le système d’exploitation au plus près de ses propres besoins. C’est très certainement, pour partie, cette sérénité qui m’a (enfin) permis de me pencher sérieusement sur LaTeX. Un travail-patience.

Cet article est le premier d’une nouvelle catégorie : “Trucs et astuces sous LaTex” ou “LaTeX Tips’n Tricks“. Pourquoi cette nouvelle rubrique ? Comme je l’ai dit précédemment, je me suis enfin mis à LaTeX. Et autant le dire franchement, quand on a utilisé quotidiennement, vingt ans durant, un (ou des) logiciel(s) de traitement de textes de type “WYSIWYG” (What You See Is What You Get / Ce que vous voyez est que vous obtenez / affichage=résultat), quelle que soit sa (leur) valeur, et qu’on passe sous LaTeX, au rythme de la progression, on est peu à peu envahi par un sentiment assez curieux, une espèce d’hébétude qui résulte d’une prise de conscience frappante : comment est-il possible de vivre aussi longtemps dans l’erreur ?

Parce qu’en effet, ce que l’on comprend assez rapidement, en se mettant à LaTeX, c’est que jusqu’alors on n’a rien compris, ou peu s’en faut, de la typographie. Ce n’est pas le système d’exploitation et quelque logiciel de bureautique qui sont en cause, non, c’est l’utilisateur — sa pratique de la mise en page. On comprend que, trop souvent, l’on s’est satisfait de documents dont la lisibilité relevait plus de l’esthétique — des documents visuellement beaux, que de l’organisation logique.

Sous LaTeX, on est obligé de décrire la structure logique de son document, en choisissant soi-même la mise en page la plus adaptée. On est donc contraint d’écrire des documents structurés parce que c’est comme cela que LaTeX fonctionne : il faut d’abord définir, avec quelques commandes, la structure du document. De fait, créer un document mal organisé devient très difficile. L’approche de LaTex bouleverse, brutalement, toutes les habitudes acquises avec un logiciel de traitement de textes graphique.

Vous l’avez compris : l’inconvénient à utiliser LaTeX — parce qu’il y en a un, c’est l’investissement initial, l’apprentissage des commandes de base et l’abandon des vieilles habitudes. Type de document, format de page, marges, encodage de caractères, couleurs, fontes… tout doit être décrit, textuellement et non en cliquant sur des petits boutons colorés. Sachez qu’il existe quelques logiciels “Wysiwyg”, notamment LyX.

Cela dit, si vous utilisez un traitement de textes pour réaliser, une fois l’an, quelques cartes de vœux ou écrire, de temps à autre, une lettre aux Impôts ou un petit rapport trimestriel de deux trois pages… si la souris est une excroissance de votre main et que vous savez pas où se trouve la touche “\” sur votre clavier… si vous êtes allergique à tout langage de programmation… LaTeX n’est pas fait pour vous. — LaTeX fonctionne particulièrement mal chez ceux qui ont vendu leur âme !

Une fois la mise en page définie — les possibilités sont stupéfiantes ! et pourtant Dieu sait combien les documents que j’ai créés jusqu’alors ne sont pas des plus simples ! une fois donc la mise en page décrite, le texte saisi et le document complié, le résultat affiche une qualité et une rigueur toute professionnelles (d’imprimerie).

Si LaTeX est bien un logiciel de composition typographique très puissant, peut-être même le plus puissant, des plus indiqués dans la production de documents scientifiques et mathématiques, il permet tout autant, bien évidemment, de produire toutes sortes documents, de la simple lettre au livre entier.

Beaucoup de tâches typographiques ne sont pas directement gérées par LaTeX, dans sa version basique. LaTeX étant un logiciel ouvert, il existe un très grand nombre extensions (ou packages) tout aussi libres, plus ou moins standardisées, qui permettent d’ajouter une très grande variété de fonctionnalités, des plus spécialisées aux plus farfelues.

La plupart de ces packages additionnels sont disponibles sur le site communautaire de TeX, le CTAN (acronyme pour Comprehensive TeX Archive Network ou réseau complet d’archives TeX). On peut y télécharger toutes sortes de paquets (logiciels, extensions, polices de caractères…). Autant dire que le CTAN est le site de référence pour LaTeX, le site qu’il faut connaître et visiter en cas de besoin.

Suppression de la numérotation des pages

Pour finir ce premier article sur LaTeX, une astuce : la suppression du numéro des pages qui a été l’une de mes premières difficultés, petit casse-tête qui aurait dû se résoudre simplement.

Normalement, la commande \pagestyle connaît trois options : {plain}, option par défaut qui inscrit le numéro en pied de page ; {headings} qui, comme son nom l’indique, place le numéro de page en en-tête ; {empty} qui se passe de commentaire.

Pour supprimer la numérotation des pages, la commande suivante, placée en préambule, devrait donc suffire :

\pagestyle{empty}

À défaut, et c’est mon cas, on peut supprimer le numéro directement sur la page, en insérant, entre \begin{document} et \end{document}, cette commande :

\thispagestyle{empty}

Bien entendu, si le document est conséquent, cela devient vite fastidieux.

Le package nopageno permet de supprimer simplement toute la numérotation. Pour l’installer, voici la procédure suivie :

  • Création d’un sous-répertoire “nopageno” dans le répertoire dédié, téléchargement du fichier et reconstruction de la base de données :

mkdir /usr/share/texmf-texlive/nopageno
cd /usr/share/texmf-texlive/nopageno
wget ftp://ftp.inria.fr/pub/TeX/CTAN/macros/latex/contrib/carlisle/nopageno.sty
texhash

Il suffit ensuite de déclarer la nouvelle extension en préambule :

\usepackage{nopageno}


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