La fête à Michu ou la meilleure amie de Cyrille Borne

Edit : Le commentaire Dzef m’incite grandement à changer le titre de cet article. Ce qui, Loutch’, t’apportera une bout de réponse !

Madame Michu ou le Ça de Cyrille Borne

Nul doute que notre Mme Michu, tout comme l’était feu Dugenou, est une littéraire. — Involontaire. Certains s’en défendent âprement mais c’est incontestable : Mme Michu est littéraire et je la fréquente quotidiennement. À une nuance près tout de même : Mme Michu est une littéraire qui ne lit pas — en tous cas, pas pour comprendre les objets qu’elle utilise intuitivement tous les jours. — Trop fatiguant. — Non, elle est littéraire en ce sens qu’elle est un être vibratile : elle ne comprend que de vibrer avec les choses et les êtres qui l’entourent. Elle a, comme elrick, bien autre chose à faire que de prendre le temps de se documenter pour appréhender cette donnée fondamentale et immédiate qu’est le monde.

Mme Michu est sensualiste : elle, elle vit dans le monde sensible et se nourrit d’un matérialisme pratique. Sa vision, tout autant que ses préoccupations, est plus réelle, plus sociale, plus globale, en un mot — plus noble.

Rien n’a de prix à ses yeux qui n’est d’abord passé par la moulinette de son bon sens. Et chaque fois qu’elle ouvre sa grande gueule (il me faut une caution littéraire : Tolkien), c’est la fête à neuneu ! Et nos linuxiens, pataugeant dans la boue, de numéroter leurs abattis. Un exemple ? Il n’y a qu’à lire toute la série des derniers articles de Cyrille Borne.

Allons, mettons les pieds dans le plat…

Mme Michu est une bonne amie de Cyrille Borne ! Pas un billet, ou presque, certains derniers temps, où elle n’intervient à un moment ou à un autre. Pourquoi ? Cyrille aime Ubuntu. Et il n’hésite pas, le bougre ! à disqualifier les autres distributions, parfois maladroitement, pour mettre en avant les qualités de sa distribution candy. Et comme il suffit de parler d’Ubuntu pour voir Mme Michu pointer le bout de son nez… Incontestablement, si Mme Michu était sous GNU/Linux — ce qui n’est pas le cas, soyons sérieux deux minutes ! elle serait sous Ubuntu. C’est elle l’utilisateur final de la distribution de Linux en chocolat. Elle n’y serait pas par adhésion à quelque éthique. Non. Simple pragmatisme.

Mais il y a plus : l’unique gourou de l’informatique, c’est Mme Michu elle-même. C’est elle qui, dans l’ombre, décide ou non de la large diffusion de tel ou tel produit. C’est elle qui est à l’origine de l’amélioration ou de la simplification des interfaces. C’est pour ses beaux yeux que sortent chaque jour tous ces beaux objets high-tech, les i-machins et les i-trucs qui débordent des rayons des supermarchés du monde majoritaire. C’est pour elle qu’on transforme des idées géniales en produits de consommation courante, en applicatifs pour écervelés. — Oui, c’est elle qui fait la pluie et le beau temps du marché : fabriquants, éditeurs de logiciels et fournisseurs de service… tous se plient à ses quatre volontés. C’est pour elle que toute cette vilaine technologie a été pensée. — Mme Michu définit les usages de demain, comme hier elle a commandé à ceux d’aujourd’hui : chez Michu on a son PC sous OuindÔze, on surfe sur Internet après avoir cliqué sur un gros “e” bleu et on utilise toute la gamme des logiciels préinstallés à l’achat de la machine. Pas un de plus. Ou presque. Pour elle, un fichier n’a pas de format, c’est un texte, une image ou un son.

Finalement, Mme Michu n’est pas très contrariante. Après 10 ans de vie commune avec un ordinateur personnel, ce dont elle a besoin est assez simple : envoyer un i-maille à sa fille, se promener sur le Oueb, visionner ses photos de Noël dernier, écouter le dernier CD du concert de Florent Halliday à la foire du Trône… Et pourtant, quand la nouvelle technologie frappe à sa porte, des produits elle en a pour Mme Michu ! C’est pour elle qu’on conçoit les disques durs Wi-Fi à très bas débit, les webcams MSN, les téléphones à paillettes, les cartes mères écolos, les GPS et les Tom Tom, les i-bidules pour regarder la télé ou écouter Florent Halliday dans les bouchons ou dans le métro, les Linux en chocolat ou autres Ubuntu glucose.

Elle a bon dos la mère Michu, vous ne trouvez pas ? Parce que, dans le fond, la mère Michu que je connais, elle s’en fout de toutes ces conneries. La mère Michu, elle, ce qu’elle veut… c’est en finir avec son trop normal de Michu de mari. Un mari qui est bien incapable de comprendre comment synchroniser, avec le PC familial, le dernier i-bordel qu’il s’est fait refourguer, à crédit bien entendu, par le pauvre vendeur de chez Carrouf qui, lui-même, est tout aussi incapable de comprendre et d’expliquer comment le bousin y fonctionne. Quant à changer le robinet ou repeindre la salle de bains, n’en parlons pas.

Alors GNU/Linux ou l’écologie libriste européenne, pensez donc ma bonne dame !


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