Syreeta

Plus d’un an, je l’ai dit, que la nouvelle version de mon blog est en ligne et je n’ai fait paraître aucun article ou presque sur la musique et le cinéma. Je profite donc de mes dernières heures sur Paris pour réouvrir la rubrique musicale avec une légende de la soul injustement méconnue : Syreeta (Rita Wright). Un p’tit cadeau à un ami qui se reconnaîtra sans mal… c’est à lui que je dois la découverte de Stevie Wonder.

Avertissement : N’utilisant pas le plugin propriétaire d’Adobe mais une version Libre, Swfdec (site officiel), plugin par défaut sous Debian, je ne suis pas en mesure de faire quelque lien (et ne le veux pas d’ailleurs) avec quelque site privateur.

La chanson en écoute, un peu plus bas dans cet article, est disponible dans un format respectueux de tous les utilisateurs, le format ogg (vorbis) pour lequel il existe un bon nombre de lecteurs Libres, notamment VLC.

L’histoire de Syreeta est intimement liée à celle de Stevie Wonder. Et, son album éponyme, Syreeta (1972), plus encore.

Rita Wright est née en 1946, à Pittsburgh, en Pennsylvanie, à près de 5 heures de route de Motor Town (la ville du moteur, Detroit), la ville qui a vu naître en 1959 la légendaire usine à tubes de Berry Gordy, la Motown qui a régné sans partage (ou presque) sur la musique de la jeune Amérique pendant près de vingt ans.

À 19 ans, Rita Wright fait ses premiers pas chez Motown Records… comme secrétaire. Un an plus tard, Brian Holland, impressionné par sa voix, l’engage comme choriste. Berry Gordy lui fait rapidement signer son premier contrat et lui offre la chanson, “I Can’t Give Back the Love I Feel for You” (originellement écrite pour Diana Ross), sans grand succès.

À la même époque, Rita Wright rencontre le jeune prodige du label, Stevie Wonder, qui la prend sous son aile, lui conseille de changer son nom en “Syreeta” et… l’épouse en septembre 1970. Le couple divorce après 18 mois de vie conjugale. La rupture ne sera qu’amoureuse ; ils continueront à travailler ensemble durant de longues années.

Le premier fruit de cette collaboration ne tardera pas sortir sous le label d’une subdivision de la Motown : Syreeta, un album considéré par beaucoup comme l’un des plus beaux des années 70. Rien de moins. Produit par Stevie Wonder, tout sonne comme du Wonder. Une quarantaine de minutes d’une très grande classe. La voix de Syreeta est d’une justesse et d’une douceur qui rappellent celle de Minnie Riperton. Un vrai régal de soul-funk.

Le premier single exploité sera forcément le duo avec Stevie Wonder, “To Know You Is To Love You”, l’un des plus beaux morceaux de l’album. Il faut toutefois mentionner le titre “I Love Every Little Thing About You”, qui ouvre l’album, sur lequel Stevie Wonder s’est ingénié à appliquer ses expérimentions musicales avant de le reprendre, peu de temps après, sur son album Music of My Mind.

I Love Every Little Thing About You

(Cliquez sur le lien pour écouter)

Syreeta sort en juin 1972, sans vrai succès. Deux ans plus tard, Stevie Wonder presents Syreeta, tout aussi bon, restera tout aussi confidentiel.

Syreeta n’a jamais vraiment eu la reconnaissance qu’elle mérite mais elle n’en est pas moins l’une des voix les plus belles de la Motown.


À propos de cet article