Nouvelle modération sur le Planet-Libre
J’ai accepté tout récemment de faire partie de la nouvelle équipe de modération du Planet-Libre avec Cyrille Borne (le vilain petit canard de la pataugeoire linuxienne), Fred Bezies (le testeur impénitent) et Philippe Scoffoni (le nuage libre de la communauté francophone). Un mélange tonique de forces brutes et de tempérance. Pourquoi ?
Chacun de nous a bien conscience que cette tâche, comme le dit aKa, est ingrate mais il s’agit bien, plutôt que de satisfaire l’appétit d’une reconnaissance individuelle, d’apporter notre soutien à un projet solide que nous aimons bien. C’est sur pareille réciprocité que toute communauté trouve son fondement.
Le Planet-Libre, je le lis depuis pas mal de temps ; son flux est une référence pour le “Logiciel Libre” sur la toile francophone — incontestable. Il agrège un très grand nombre de blogs/sites parmi les plus importants et les plus actifs aussi de la communauté du Libre en français. Voyez ses stats. Cela dit, aucun de nous n’a jamais caché ses réserves sur le fonctionnement du Planet-Libre. Bien au contraire. Pour pointer du doigt des incohérences, mais surtout, comme l’a écrit Cyrille, pour faire monter le niveau. Parce qu’au delà de la liberté d’écrire et de publier sur un Planet, au delà des modes et des tendances, au delà de la frénésie qui anime la blogosphère à chaque nouvelle sortie de telle nouvelle version de telle distribution… il est des valeurs, une éthique du Libre que le Planet-Libre permet de diffuser, de promouvoir, une philosophie qu’il faut défendre, préserver, afin que le Planet lui-même reste Libre, se rabonnisse mais, aussi et surtout, qu’il continue de jouer son rôle d’aiguillon sur le Web francophone.
Paradoxalement, pourrait-on croire, à l’heure d’aujourd’hui, mon blog n’est (toujours) pas sur le Planet-Libre. Je ne veux pas dire par là qu’il compterait parmi les meilleurs et qu’il devrait à ce titre y figurer. Non. Je dis seulement que je ne me suis (toujours) pas inscrit sur le Planet Libre. Jusqu’alors, j’ai préféré rester en dehors de l’agitation de la blogosphère, en dehors des modes, des préoccupations statistiques, des classements et autres contest(e)s. Et puis, autant le dire directement : nous sommes actuellement en train de reprendre la Charte, de la préciser. Est apparu ces dernières heures un désaccord qui, de mon point de vue, est non négociable. Je suis opposé à tout ce qui peut encourager les utilisateurs à s’orienter vers des solutions non-libres, y compris Twitter et Facebook.
En soi, l’idée de “communautariser” n’est pas mauvaise… dans l’absolu. La mise en commun non plus. Bien au contraire. Ce qui l’est en revanche, c’est l’esprit avec lequel une société s’approprie des données personnelles et les utilise, se donne le droit de les vendre à n’importe qui. C’est malsain, irrespectueux, contraire à l’esprit du Libre.
Je ne peux pas à la fois encourager les utilisateurs à s’orienter vers des solutions non libres et les dénoncer en même temps. Il s’agit d’un problème de cohérence.
Mon adhésion aux valeurs du Libre n’est pas négociable. Accepter quelque compromis, ce serait comme laisser croire que je ne juge ni ne désire rien d’autre. Je m’y refuse pour opposer ce qui est préférable à ce qui ne l’est pas, pour montrer le souci, non d’un intérêt personnel et immédiat mais pour affirmer une responsabilité morale et collective.
Ma radicalité, je le sais bien, n’est pas toujours du goût de tout le monde. Elle est même parfois perçue comme une nuisance au sein même de la communauté. Notamment par les prosélytes de la mouvance Open Source, pragmatiques libert-à-riens versant dans la théorie du Grand Choix et du Grand Rien et autre Fauxpen Source. J’en ai fait mon parti depuis longtemps et soutiens résolument le projet GNU et la Free Software Foundation en qualité de membre associé. D’ailleurs, j’afficherai dorénavant mon soutien directement sur mon site et partout il me sera possible de le faire avec ce petit bouton :
![[FSF Associate Member]](/blog/wp-content/gallery/divers/fsfmember.png)
J’ai adhéré à la Free Software Foundation parce que je refuse opiniâtrement le compromis, les solutions privatives, systèmes, logiciels, protocoles… toutes les menottes numériques. Je les rejette fermement pour protéger, pour préserver nos libertés. Comme l’a écrit récemment Richard Stallman : « Pour rester libre, la liberté doit être notre but ». C’est ce but que je poursuis en acceptant d’entrer dans l’équipe de modération du Planet Libre.
À propos de cet article
Titre : Nouvelle modération sur le Planet-Libre
- Publié le :
- 14.11.09
- Catégorie :
- GNU/Linux, Logiciels Libres, Planet Libre, Quelconque

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