Le tagging (en mode texte) pour couche-tard

Une interface graphique, lit-on chez les Borniens — entendez : les défenseurs de la mère Michu qui polluent de leur utilitarisme, parfois “Open Sourcien“, le blog de Cyrille (Borne) qui lui, en revanche, a rejoint depuis quelque temps déjà la mission Stallmanienne — une interface graphique donc apporte[rait] un certain confort aux utilisateurs. Et pour satisfaire la plus exigeante d’entre eux, Madame Michu, l’interface graphique se doit d’être plus agréable, plus belle, plus conviviale… que la morne et triste console.

—  Et le pragmatique décomplexé (de la France qui se lève tôt) d’ajouter, sans fard, que la liberté pèse bien peu au regard de l’efficacité :

Un actif qui n’a pas de temps à perdre, lui, ne veut qu’une chose : que le programme fonctionne, et vite, et déboursera de l’argent pour ça. Cet argent payé, les libristes hurlent à la privation de liberté et disent que c’est la prise d’otage du gentil utilisateur par le méchant méchant monopole.

— C’est faire bien peu de cas de l’histoire même de l’informatique et de la situation actuelle du logiciel libre… En somme, tête dure en dit long sur ce qu’il ne connaît pas ; sa décontraction méprisante n’est au mieux que la façade d’une ignorance crasse. À ce sujet, je vous conseille vivement d’écouter l’excellente émission du 29 janvier dernier, diffusée sur France Culture, “Le libre peut-il s’imposer ?” avec, entre autres, Roberto di Cosmo :

Roberto Di Cosmo, Madame Michu et le logiciel Libre (extrait) : « Coupable/pas coupable »

(cliquez sur le lien pour écouter)

— À juger de l’évolution de certaines interfaces graphiques (libres, cela va de soi) par comparaison avec des applications conçues en mode texte (Commande-Line Interface), on peut tout de même, légitimement, avoir des doutes sur les orientations développées. Un exemple…

Rapidement. J’ai utilisé Amarok durant de nombreuses années, pour jouer ma musique, écouter la radio ou des podcats, éditer les tags de mes fichiers… Bref, je ne jurais que par Amarok qui couvrait bon nombre de mes besoins. Seulement, depuis la version 2, Amarok est devenu épouvantable. Impossible de l’utiliser. Je ne m’y retrouve plus. Inutile, je crois, de faire maintenant la liste de mes griefs, au-delà de la lourdeur et de la confusion injectée dans l’interface.

Depuis cette mise au ban d’Amarok, je suis toujours à la recherche d’un remplaçant digne de ce nom. J’en ai essayé un certain nombre sans qu’aucun ne parvienne à me convaincre comme Amarok a su le faire par le passé.

La première question qui mérite d’être posée n’est peut-être pas celle du confort ou de l’esthétique mais bien plutôt celle de l’efficacité (point commun avec pragmatique qui se lève tôt) : quelle est notre première exigence à l’égard de telle application que nous utilisons tous les jours ? D’être belle ou efficace ? Autrement dit : le logiciel que l’on utilise quotidiennement satisfait-il à l’usage qu’on veut en avoir ? Pour Amarok, aujourd’hui, la réponse est clairement non.

Suite à l’article de Fred Bezies, mon collègue modérateur du Planet-Libre, je viens tout juste d’installer Quod Libet. À suivre donc.

Si en passant de Rhythmbox à Quod Libet, Fred a perdu le rip des CDs (XCFA comblera sans mal cette perte et plus encore), pour ma part je n’ai pas retrouvé un logiciel capable d’éditer les tags aussi simplement que ne le faisait auparavant Amarok.

EasyTag, dont on vante les mérites çà et là, est d’une étonnante… complexité apparente comparé à lltag ! C’est une énigme. Pourquoi ce qui devrait être un simple outil graphique de tagging a-t-il été transformé en une authentique usine à gaz, avec des fonctionnalités à ne plus savoir qu’en faire ?

Écrivez des programmes qui effectuent une seule chose et qui le font bien.

Écrivez des programmes qui collaborent.

Écrivez des programmes pour gérer des flux de texte, car c’est une interface universelle.

lltag, dans la lignée des bons outils en ligne de commande, est léger, simple et flexible. Jugez plutôt…

Pour lancer une recherche sur la CDDB :

~/musique/Frank McComb/The Truth (vol. 2)$ lltag --cddb-query McComb --yes *

Rien de surprenant à ce que l’interface d’interrogation de la base de données CDDB ait été conçue pour une utilisation interactive… puisque l’utilisateur est censé choisir un CD dans une liste retournée à la requête (par mots clés ou identifiants, voir le HowTo). Une fois le CD identifié, si les fichiers sont classés par numéros de piste dans le répertoire, il est possible, comme le montre la ligne de commande ci-dessus, de marquer les fichiers musicaux avec les données de la CDDB automatiquement.

L’option “--yes” active le mode automatique qui autorise lltag à marquer les pistes du dossier les unes après les autres.

Il est bien entendu possible de marquer un fichier manuellement :

lltag --cddb ~/musique/Frank\ McComb/The\ Truth\ \(vol.\ 2\)/Track_02.ogg

Simple, léger, efficace… pour les couche-tard et les inactifs.


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