Le logiciel libre, comment ça marche ?

Je me fais assez peu le relais des associations et autres groupes qui défendent le libre. C’est un tort, je le sais bien, non parce qu’il faudrait imposer le libre partout, comme le rappelle Louis Roché dans son dernier article, parce qu’on peut bien désirer que tout le monde soit libre, que tout le monde utilise les logiciels libres mais ce n’est pas là l’essentiel.

André Ani (j’ai découvert son blog ce matin même, via son commentaire laissé sur l’article de Louis Roché) m’offre l’occasion de faire la promotion d’un document (très accessible) sur le logiciel libre publié par l’April.

Ce document a été conçu par le groupe de travail “Sensibilisation” de l’April : “Le logiciel libre, comment ça marche ?”

Cette plaquette d’information présente la “fabrication” d’un logiciel libre, en l’illustrant par les différents allers-retours entre utilisateurs, développeurs et communautés. Elle donne une illustration très efficace des différentes libertés offertes par le logiciel libre.

Plaquette de l'April

Le libre, ça s’apprend. Il ne suffit pas de convaincre quelques personnes d’utiliser des logiciels libres qui imposeront le libre, çà et là, par îlots qui ne tiendront leur survie que de ces bonnes volontés atomisées, dispersées dans l’océan informatique. Il faut encore consolider les bases d’une liberté durable pour éduquer les gens, les éduquer afin qu’ils valorisent leurs libertés  et les exigent. C’est là tout l’intérêt d’initiatives comme celle de l’April. On ne peut résister pour ce que l’on ne connaît pas ou ne comprend pas.

Beaucoup ne voient tout simplement pas les problèmes que posent l’utilisation de logiciels privateurs et de formats fermés. D’autant que certains ennemis de l’intérieur, en se refusant à distinguer entre l’utile et le libre, favorisent le maintien de positions dominantes. Il est un exemple sur le Web des plus significatifs, le format Flash© que l’on emploie même au sein de la communauté du libre. Au fond, le seul raisonnement qui prévaut est celui d’un pragmatisme à toute épreuve : « j’ai besoin de solutions qui fonctionnent si elle sont libres c’est bien mieux, si elles ne le sont pas tant pis ». Les blogs de Cyrille Borne et de Mark Shuttleworth sont de belles illustrations de ce genre de compromis nuisibles. Quand le Planet-Libre accepte dans son flux des contenus de pareil format, il ne fait rien d’autre que d’entériner cet état de faits.

Il appartient à ceux qui comprennent les enjeux de ces libertés de soutenir activement toute initiative qui vise à consolider les bases d’une liberté durable et de se battre pour éduquer les utilisateurs à l’ apprécier par et pour eux-mêmes.

Se taire, se croiser les bras, la bouche en cœur, face au discours du pragmatique qui ne jure que par l’utile et le confort personnel, ce serait laisser croire que l’on ne juge ni ne désire rien d’autre. Le refuser, c’est faire face, c’est opposer ce qui est préférable à ce qui ne l’est pas, et montrer le souci que l’on a, non d’un intérêt personnel et immédiat mais de ses droits.


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