Un nouveau calepin ?
Le dim. 15 mai 2011
Depuis quelques temps, je m'interroge grandement sur la gestion de mon blog, ce que j'y publie (textes et photos, principalement), la fréquence et les retours que l'on m'en donne.
À l'évidence, comme je l'ai déjà écrit à maintes reprises, publier ou écrire sur un blog, ce n'est pas seulement écrire ou publier pour soi. Et je m'attends, comme tout un chacun, à être lu/vu (même si je ne me mets pas complètement nu). Et puis, d'une manière ou d'une autre, je m'attends aussi à des réactions de la part de mes visiteurs — ou pas, d'ailleurs, c'est selon. Ce qui est vrai pour mon blog d'une façon générale l'est plus encore pour mes articles engagés ou militants.
Je crois que l'on ferait une grossière erreur en envisageant la publication sur le web comme un phénomène de substitution aux "supports imprimés traditionnels" (papier) parce qu'elle s'en distingue fortement par des mécanismes éditoriaux qui lui sont propres (interactivité, hypertexte, multimédia, etc.).
La publication sur le web doit plutôt être envisagée comme une autre modalité de l'expression, encore jeune ou nouvelle, certes, mais dont le rôle est, dores et déjà, de premier ordre dans la nouvelle "société interactive". Et l'actualité récente en donne de nombreux exemples (Tunisie, etc.).
Même si je commence tout juste à me familiariser avec identi.ca que les geeks ont investi et allègrement détourné de son usage typiquement informatif pour en faire (la comparaison est de Cyrille) une sorte de nouvel irc (technologie que l'on utilisait dans les années 90 du siècle dernier), je dois bien l'avouer, et là encore je me répète, mon approche du blog, peut-être un peu particulière, s'accommode assez mal de certaines tendances actuelles du web 2.0, notamment le web social.
Je ressens une aversion profonde pour les sites et les blogs bardés de scripts, en-veux-tu-en-voilà, plus ou moins discrets, plus ou moins espions, truffés de micro-applications qui doivent maintenir la communication à tout prix, quitte à inonder le visiteur de phrasillons lardonneux échangés avec le reste de la planète. Ils ne disent rien d'autre que leur désolante envie de vous capter. Insupportable.
Pour ma part, je suis resté très attaché, dans l'esprit au moins, aux tout premiers journaux en ligne dont je veux retrouver la simplicité tout en conservant à cette structure cassée du blog son organisation ouverte et infiniment recomposable, au moins potentiellement.
Et si, jusqu'alors, les réactions des lecteurs, directement sous mes articles, je les voyais un peu comme une sorte d’assaisonnement, un peu comme une saveur ajoutée, bref, cette interaction que je croyais nécessaire, aujourd'hui, à contre-courant de ma pensée d'hier (et du web 2.0), j'en suis revenu, tout bonnement parce qu'elle m'est devenue lourde et pénible à la longue.
J'ai donc procédé à un changement assez radical : plus d'outil de publication directement accessible en ligne mais des fichiers statiques avec un historique, façon premiers blogs.
Ce nouveau calepin, encore en chantier mais fièrement propulsé par Pelican, doit beaucoup aux expériences de 314r (dont le soutien via identi.ca m'a été des plus précieux... merci !) et d'Olivier Meunier.
Naturellement, il est toujours possible de me contacter pour réagir à mes publications par mail, c'est tout aussi simple... l'adresse est au bas de cette page.